Destination inconnue

 

La Bicyclette, destination inconnue »: Bangkok dans l’objectif de Jean-Michel Rocques

« BKK, destination inconnue »: Bangkok dans l’objectif de Jean-Michel Rocques

Tout est là, du détail à sa généralité,
De l’apparence à l’authenticité,
Du figé au mouvement.
Rien ne peut nous échapper, l’instant en continu…

Le vivant au service de la vie,
Le sourire ne peut s’éteindre.
La déchéance dans toute son expression ne peut prendre le dessus sur la lumière.

L’action effervescente s’impose sur la densité inéluctable du lieu.
L’évidence de la rencontre et de l’échange offre une unicité visuelle de vérité.
Une simplicité omniprésente qui montre une complexité, un contraste de son quotidien.

Un relief de lumière et du sombre pour un sentiment d’abandon total…

Jean-Michel Roques emprunte – empreinte- utilise cet instant de Vie, comme une parcelle vitale, comme un don à offrir où chacun peut (re) trouver l’origine.

Aujourd’hui, il s’expose: ce courage si fragilisé présente son travail initiatique en partage.

La galerie d’art La Bicyclette accueille comme un privilège l’âme photographique de ce personnage

Texte: Thierry Tiébène

C’est une exposition qui mérite vraiment le détour.

Celle des photographies de Jean-Michel Rocques, qui dévoile, à la galerie d’art La Bicyclette, ses plus beaux clichés de son voyage à Bangkok. Intitulée « BKK, destination inconnue », par référence à l’identifiant de localisation de l’aéroport international de la capitale de Thaïlande, elle fait voyager au cœur de cette mégapole presque aussi grande par sa superficie que la France, où se côtoient étonnamment des gens misérables et pourtant à l’incroyable modernité. Il y est resté 5 semaines. Une destination choisie au hasard, où il souhaitait cependant ne pas perdre tous ses repères d’Occidental.

« Je suis parti là-bas, seul voici presque deux ans, alors que je vivais une période très difficile. Je me suis laissé happer par cette ville étonnante, envoûtante, écœurante »,

raconte l’artiste, qui a saisi des instants de vie poignants, comme cette mendiante qui nourrit son bébé, allongée sur le sol, et dont il découvrira le visage d’ange d’un côté et défiguré de l’autre, lorsqu’elle se relèvera. « La rencontre de mon séjour ».

Des contrastes

Jean-Michel avait aussi envie de témoigner sur ce pays qui est passé dans un autre siècle dans un laps de temps très court. « Où que l’on aille, on s’aperçoit que tout le monde est ultra-connecté à Internet. Je suis passé dans des quartiers très pauvres où ils vivent dans des conditions très difficiles mais ils ont tous une tablette ou un smartphone ».
Son reportage essaie de transmettre ses ressentis. Ce qui l’a par exemple le plus désagréablement surpris, c’st l’odeur âcre d’une effrayante pollution et cette sensation étrange de voir les gens qui grouillent. « Parfois j’ai vu cinq personne juchées sur un scooter, sans protection, avec un bébé. C’était hallucinant! », raconte-t-il. Il évoque aussi son étonnement devant l’adoration manifestée devant de très jeunes moines. « C’était très perturbant! »?

Pour ce témoignage, il explique qu’il a pris le temps que les photos viennent à lui, restant parfois plusieurs heures pour attendre le moment marquant qui mériterait d’être immortalisé.
Avec lui, on parcourt des ruelles, des arrières-cours de restaurants, « où il ne faut pas chercher l’hygiène, avec des odeurs sublimes malgré l’état des cuisines. Dommage: on n’arrive pas à rendre en photo ce paradoxe ».

Des photos en noir et blanc. Pour raconter le sombre. « Je suis parti à Bangkok à une période dark de ma vie. Je suis revenu en me disant qu’il y avait beaucoup plus malheureux que moi. En couleurs, cela se serait pas ressorti de la même façon ». Pour témoigner sur les mendiants, les handicapés. Mais aussi des moment de grâce avec de beaux portraits souriants, Et bien d’autres.

Bref. Une visite s’impose. C’est à voir jusqu’au 24 avril.

Source: Nelly COMBE-BOUCHET, La Provence – 14/03/2015

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